La dispute

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LA DISPUTE

Toujours ils se chamaillent, toujours ils se disputent,
On dirait que leur vie n’existe que pour ça
Leur façon d’être ensemble passe toujours par là :
Des scènes continuelles qui finissent en lutte.

Et puis un jour maudit de colère rentré
Il trouve sur le trottoir un mot abandonné,
C’était un vieux juron qu’on avait délaissé
Que son propriétaire avait dû oublier.

Grossier, bien épais, large et très gras,
Celui-ci me convient dit aussitôt le gars,
Il le ramasse en douce, et vivement le pose
Dans le fond de sa poche au milieu d’autres choses.

Arrivé tard chez lui, les reproches commencent
Puis suivent les insultes et plein d’autres propos
De nature indistincte, pareils à tous les mots
Que s’envoient tous les gens qui vivent la souffrance.

Il jette alors sur elle le juron ramassé
En visant bien la tête afin de la blesser
Hélas l’insulte obscène volant beaucoup trop bas
C’est le cœur touché qui subit les dégâts.

Alors qu’elle agonise, blessée au plus profond
Il reste planté là, l’air un peu stupéfait
De tant d’effet produit par un simple juron
Et hagard, apeuré, prend compte du forfait.

Il ne savait donc pas qu’il l’aimait à ce point,
Il a fallu l’impact d’un mot assassin
Pour comprendre  qu’au fond elle n’était pas si loin,
Lorsque la fin est proche, revient le chérubin.

Poème de Roger « voiedoree »

 

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Jamais

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JAMAIS

 Quand on dit jamais on comprend : pas encore

Où ferme-t-on la porte à ce que l’on refuse ?

Ce mot tant prononcé couvre parfois la ruse

D’un mensonge chargé de masquer notre tort :

 

Jamais en février fleurissent les fruitiers,

Jamais toi tant aimée ne pourrais t’oublier,

Jamais ces mots cruels ne les ai prononcés,

Jamais notre amitié un jour pourra cesser.

 

Et pourtant tout arrive, se brise, se transforme,

Ce que l’on a vécu soudain change de forme,

On reste tout étonné de ces bouleversements

Mon Dieu ce qu’on est bête quand on a dix-huit ans

 

Cet immense alambic rempli de  nos pensées

Sous lequel la vie allume son brasier

Jamais, vous le conseille d’éteindre n’essayez

Car le nectar divin ne pourrez distiller.

 

A l’âge de sagesse, si vous avez laissé

Le grand feu de la vie doucement consumer

Toutes les expériences qui se sont présentées,

Goutte après goutte votre corps en sera imprégné

 

Et vous pourrez alors, revenant en arrière

admirer les oranges mûrir en février,

A nouveau vous réjouir des amours oubliés

Vous repentir peut-être d’avoir de mots blessé

cet ami qui un jour franchit votre barrière.

 

Prenant alors conscience du poids de ces instants

Surgit alors en vous une pensée tenace

Qui a toujours au coeur laissé comme une trace :

Jamais je n’ai pu dire « je t’aime » à mes parents.

Poème de Roger « voiedoree »

 

 

Rencontre

flamme

RENCONTRE

Sur les chemins de ton coeur

Je marche avec douceur

En attendant l’heure

Qu’il s’ouvre comme une fleur

A mon subtil message

qui, comme il est d’usage,

Se regarde telle l’image

Que renvoie ton visage

Il était bien possible

qu’en toute sérénité

Nos âmes égarées

Cherchent à se rencontrer.

Et maintenant que cela est

Point n’est utile de rechercher

La voie de la félicité

Puisqu’elle est toujours là, quel qu’en soit le sujet

Poème de Roger « voiedoree »

Ombre et Lumière

lumière ombre

OMBRE ET LUMIERE

Calmement et sans crainte la lumière apparaît,

Elle louvoie et entoure les grands cryptomerias

Les nettoie et disperse leur fin manteau de brume

Comme d’un souffle on assèche les pleurs d’un enfant.

Elle repousse l’ombre qui ouvre sa tenaille

Se battant sans espoir pour conserver son bien

Emprise à chaque instant encore plus illusoire

Car la lumière avance et trace son chemin.

L’ombre alors se replie, à l’arrière des rochers,

Dans le creux des ravines

Là ou l‘herbe décline.

Tout en connaissant bien sa fin inexorable

La noirceur s’accroche à tout ce qui la tient :

Un pan de mur ici, un morceau de forêt,

Un repli de chemin, puis enfin lâche tout, consciente de sa fin.

La lumière tout entière éclaire alors l’espace

Plus rien dans le décor ne peut dissimuler

Sa force qui rayonne et toute sa beauté

Illuminant la vie désormais exaltée.

Toute ombre, toute noirceur ne peuvent prendre une place

Qu’avec la lumière qui les a dévoilés,

Comme chaque chose, chaque idée, qui ne doivent d’exister

Que par leur contraire,

Leur adversité.

 Il en est donc ainsi de toute action mauvaise

Qui ne doit la valeur dont on l’a qualifié

Que par rapport au bien, puisque ainsi dénommé.

Mais si par hypothèse le mal n’existerait

Le bien n’aurait jamais pu seul s’étalonner.

La lumière est dans l’ombre,

L’ombre dans la lumière,

Inséparables afin de pouvoir entre-eux se révéler,

Comme le bien et le mal étroitement mêlés

Dont seule l’absence de l’un fait apparaître l’autre.

Poème de Roger « voiedoree »

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