Importance de la gentillesse

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Il ne vous a pas échappé que le 14 novembre dernier était la journée de la gentillesse.

Dans un article publiée à cette occasion, le magazine Le Point rappelait que la gentillesse, « hier suspecte et moquée, reprenait ses lettres de noblesse, séduisant un plus grand nombre de personnes, voire d’entreprises, qui y voient l’avenir d’une société fondée sur l’entraide et la coopération ».

Voilà de quoi nous réjouir. Dommage seulement qu’une seule journée lui soit consacrée.

Ses bienfaits sont si profonds en termes de santé et de bonheur qu’il faudrait que cette vertu soit pratiquée au quotidien tout au long de l’année, ce que recommandent les rasayanas du comportement de l’Ayurvéda.
Rappelons qu’à l’instar du Chyawanprash, du Triphala ou de l’Amrit Kalash, les rasayanas sont des préparations à base de plantes et de minéraux dont l’objectif est de ralentir le vieillissement de la physiologie. Les rasayanas du comportement visent le même objectif.

Comme de nombreuses autres traditions, la tradition védique conseille de dire du bien d’autrui. Je sais, vous allez me rétorquer que la télévision ne montre pas l’exemple, nous donnant même un bien triste spectacle. Pourtant, de plus en plus de voix s’élèvent pour valoriser la gentillesse et les nombreuses formes qu’elle peut revêtir, de l’altruisme à la générosité en passant par la solidarité.
Le moine bouddhiste Matthieu Ricard, auteur de « Plaidoyer pour l’altruisme, la force de la bienveillance », est une de ces voix.

N’oublions pas non plus celle des milliers de bénévoles anonymes qui travaillent dans le monde caritatif.

Par leur engagement, ils expriment cette qualité qui contribue à donner du sens à leur vie. Que ceux qui prétendent que la gentillesse n’a pas sa place dans nos sociétés modernes sachent que les pensées et les comportements négatifs augmentent le rythme cardiaque, la pression artérielle ainsi que le niveau de stress. La gentillesse peut s’exprimer dans les mille et une situations de la vie courante.

Aider une personne en état de souffrance, rendre service à un voisin ou simplement sourire peuvent suffire à diminuer le stress.
La psychologie reconnaît que cette qualité est innée chez les très jeunes enfants.

« Dès les premières heures suivant leur naissance, les bébés réagissent à la détresse de congénères en pleurant », explique à ce sujet Jacques Lecomte, docteur en psychologie. Chez les adultes, l’imagerie médicale montre que lorsque nous sommes généreux, nous sécrétons plus de sérotonine, l’hormone de la bonne humeur. Résultat ? Les zones de satisfaction de notre cerveau s’activent. Jean Jacques Rousseau avait donc raison quand il affirmait que « l’homme est naturellement bon ». Plusieurs études confirment que les bonnes actions et le bien être vont de pair.

Chez un groupe de bénévoles, il a été constaté une meilleure qualité de vie, une meilleure estime de soi et moins de signes de dépression.
Le cerveau fonctionne mieux ainsi que l’a montré le docteur Richard Davidson, neuroscientifique de l’Université du Wisconsin-Madison, reconnu pour ses recherches sur les effets de différentes techniques de méditation sur le cerveau.

Après deux semaines d’entraînement méditatif sur l’empathie, il a constaté des connexions entre le cortex préfrontal et d’autres régions du cerveau liées à la compassion.
Dans une autre étude, présentée lors du dernier World Economic Forum de Davos en Suisse, le docteur Richard Davidson a expliqué qu’une somme de 100 $ avait été donnée à deux groupes de personnes.

Le premier a reçu l’instruction de dépenser cet argent à son profit, le second au profit exclusif d’autres personnes. A la fin de la journée, les chercheurs ont mesuré les changements au niveau du bonheur de tous les participants. Le groupe qui a donné les 100 $ à autrui a obtenu de bien meilleurs scores de bonheur que l’autre groupe.

Que la science moderne s’intéresse à une valeur telle que la gentillesse est une excellente chose. Elle valide les conseils des plus grands sages de la tradition védique qui recommandent de dire du bien des autres ! Au début des années 70, en réponse à une question qui lui était posée, le sage indien Maharishi Mahesh Yogi a expliqué l’importance de dire du bien des autres, rappelant que la parole révèle la pureté de notre cœur et de notre esprit. La question posée était la suivante : « Maharishi, dans votre commentaire sur la Bhagavad-Gita, vous dites « Ne pas chercher l’erreur et ne pas parler des défauts des autres est considéré comme une nécessité essentielle à la réalisation de Dieu et à la libération de la servitude. Quand un homme parle des défauts des autres, il participe aux péchés de ceux dont il parle ». Comment se fait-il que parler des erreurs et des défauts des autres puisse ralentir notre progrès et influer sur notre système nerveux ? Quels sont les mécanismes impliqués ? »

La réponse de Maharishi a été en substance la suivante. « Ce qui sort de nous à l’extérieur a été d’abord à l’intérieur. Si les maux de quelques personnes trouvent à s’exprimer à travers nous, cela signifie que ces maux étaient enregistrés en nous. Ce qui sort de nous indique la structure de notre cœur, de ce qui est contenu à l’intérieur. Si quelqu’un ne dit jamais de mal des autres, cela signifie qu’il a un cœur pur, qu’il n’y a rien de mauvais en lui. Si quelqu’un fait quelque chose de mal, pourquoi devrais-je porter son erreur en y pensant, en me la rappelant, et donc en la maintenant dans mon cœur ? Si j’en parle, cela signifie que j’ai conservé quelque chose de ce mal en moi. Alors, mon cœur  n’est plus pur.

Dire du mal des autres consiste à transplanter le mal de leur cœur dans notre cœur, de leur esprit dans notre esprit, et laisser cette influence grandir en nous jusqu’à ce qu’elle s’extériorise. Elle s’exprimera de nombreuses fois. Ce processus enchaîne l’évolution et nous tire vers le bas. C’est pourquoi, parmi toutes les choses qu’il enseigne à son disciple, le seigneur Krishna dit à Arjuna : « je sais que tu mérites cette connaissance de la liberté, parce que je n’ai su de toi aucun mal de quiconque ». Si vous n’avez dit aucun mal de quiconque, cela signifie que vous n’avez aucun mal dans votre cœur. C’est une indication.

Nous ne pensons jamais à mal des autres, parce que si quelqu’un a fait du mal, pourquoi devrions-nous l’apporter à notre cœur et rendre notre cœur impur ?

Rappelez-vous ce proverbe :  » les oiseaux de la même plumage volent ensemble «   » ceux qui se ressemblent, s’assemblent « . S’il y a des ordures déposées dans un cœur, alors il en récoltera davantage. Les oiseaux de même plumage volent ensemble.

Ne pensons jamais quoi que ce soit de négatif de quiconque, en particulier parce qu’une fois que nous méditons, notre force de pensée augmente considérablement. Et si, avec cette force accrue de pensée, nous pensons bassement de quelqu’un, nous l’entraînons à être à ce niveau de bassesse. Ne pensons jamais du mal des autres, et ne l’exprimons pas en paroles. Jamais. Il n’est pas nécessaire d’utiliser notre temps et l’énergie de notre pensée et de notre parole pour quelque chose qui n’améliore pas notre vie, cela ne nous aide pas à nous développer. Cela n’en vaut pas la peine. Dépensez votre énergie et obtenez la joie, du bonheur, une plus grande capacité à apprécier, une plus grande capacité à créer. C’est de cette façon que nous utilisons notre temps et notre énergie en accord avec l’évolution. »

Le Docteur Tony Nader – qui a travaillé étroitement avec Maharishi Mahesh Yogi sur les correspondances entre le Véda et la littérature Védique et la physiologie– explique que Maharishi Mahesh Yogi parlait peu des sentiments car son objectif premier était de restaurer la science védique, une science que chacun puisse comprendre. Il insistait seulement sur le fait qu’il ne fallait pas blesser le niveau des sentiments et, au contraire, le protéger et le préserver car c’est ainsi que l’on prépare la voie vers la conscience de Brahmi Chetana, le niveau le plus élevé de l’évolution spirituelle. La technique pour raffiner le niveau des sentiments est de transcender grâce à la méditation. Maharishi n’a pas non plus enseigné de nombreuses techniques d’action, à l’exception de la plus fondamentale, « Etabli dans l’Etre, accomplis l’action », Yogasthah kuru karmani [Bhagavad Gita, Chapitre 1, verse 48]. Le fait de revenir au Soi en transcendant est la condition pour accomplir une action qui soit juste et qui soit bonne. Le Docteur Tony Nader rapporte aussi que Maharishi disait que ce sur quoi nous portons notre attention se développe dans notre vie.

L’inspiration suivante, extraite des Upanishads, résume la philosophie védique de la gentillesse. ‘Saha nav avatu, Saha nau bhunaktu, Saha viryam karavavahai, Tejaswi nav adhitam astu, Ma vidwishavahai’ « Soyons ensemble, mangeons ensemble, soyons pleins de vitalité, irradions ensemble la vérité, la lumière de la vie. Ne disons du mal de personne, n’entretenons pas de négativité ».

 Jo Cohen

http://la-voie-de-l-ayurveda.com/

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